L’étiquette carbone : Une mesure efficace pour réduire l’énergie grise ?

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Est-il nécessaire de changer de téléphone au bout de 1 ou 2 ans alors qu’il fonctionne toujours ? Ai-je absolument besoin d’une troisième paire de chaussures de sport ? La télé est-elle vraiment trop petite ?

Se poser de telles questions, et prendre conscience que ce que l’on possède déjà est suffisant, est la mesure la plus efficace pour économiser de l’énergie grise et du CO2.

Néan-moins, on doit aussi être attentif à la provenance d’un produit et aux conditions de fabrication car l’alimentation et la consommation privée représentent environ 40% des émissions annuelles de CO2 d’une personne.

Les étiquettes de l’industrie agroalimentaire indiquent les valeurs nutritionnelles, les additifs alimentaires (les fameux E, suivis d’un numéro) ou vous assènent même un tranchant « Fumer tue », à titre de rappel. Elles continuent pourtant largement à ignorer les questions environnementales. Alors pourquoi les produits que nous consommons ne contiennent-ils pas de mention de leur bilan de CO2, peut-être sous forme d’une étiquette d’empreinte carbone ?

Connu comme le « Product Carbon Footprint » (PCF), il indique les gaz à effet de serre gris émis pendant le cycle de vie d’un produit. Avec une étiquette correspondante, chaque consommateur(trice) peut apprendre quelle est la valeur/quantité/contenu d’énergie grise et devient ainsi sensibilisé.e à une consommation plus écologique. Un prix dépendant de la quantité de CO2 pour les produits serait en outre un bon moyen pour « forcer » les entreprises à baisser la consommation d’énergie, mais c’est un autre sujet…

Il y avait déjà plusieurs projets-pilotes au cours des années pour mettre le PCF en place et quelques pays ont examiné l’introduction du label. Des organisations britanniques travaillent depuis 2007 à la tentative de développement des empreintes carbones et ont déjà testé un label carbone sur quelques produits. Par la suite, on a aussi élaboré dans d’autres pays des approches/stratégies pour sa mise en place. Des organisations et des instituts analysent ces démarches depuis 2009 dans le cadre du projet « Product Carbon Footprint », mais souvent ils n’existent pas de résultats consolidés. Donc une introduction du PCF n’est pas encore à l’ordre du jour. Mais quels sont les défis et les problèmes ? L’énergie grise ne s’appelle pas « grise » pour rien. Il est souvent il est difficile d’évaluer la valeur de l’énergie grise d’un produit. Comment calculer alors l’empreinte carbone ? Qu’est-ce qu’on inclut/prend en compte ? Prenons par exemple un flacon de shampoing : est-ce qu’on inclut les gaz à effet de serre émis pendant la production de l’emballage plastique, le film plastique utilisé pour envelopper les flacons lors de leur transport, les ingrédients du shampoing et même l’énergie utilisée pour réchauffer l’eau pour la douche ? Trouver des données exactes/objectives n’est pas facile car les études ont des procédures différentes.

Il faut surtout une standardisation et une harmonisation internationales et scientifiquement fondées, parce qu’on n’a pas seulement besoin d’une procédure commune pour le calcul, mais aussi d’une banque de données avec des chiffres fiables.

En plus, certaines organisations trouvent que les consommateurs et consommatrices sont surchargés et même noyés par toutes les étiquettes existantes.

Du côté du WWF, on pointe aussi le problème de l’efficacité des étiquettes dressant un parallèle avec les indications sur les valeurs nutritives, qui n’ont pas permis de « diminuer la vente d’aliments à forte teneur en sucre ou en matières grasses ». D’autres sources parlent par contre de bonnes expériences avec les étiquettes comme par exemple le label bio qui a fait monter la vente des produits marqués ainsi.

Tous ces problèmes ont freiné ce projet, il n’existe malheureusement pas de tentatives récentes pour introduire l’étiquette. C’est pourquoi le public doit encore être plus largement informé de l’importance de prendre en compte l’empreinte carbone pour les produits de consommation pour réduire nos besoins en énergie.

Hannah ARNOLD et Claire HIEBEL
Animatrices environnement

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