La loi de Transition énergétique pour la croissance verte fixe à 32 % la part d’énergie renouvelable dans le mix énergétique français en 2030. Si elle propose quelques outils pour atteindre ce chiffre, cette proportion ne pourra pas être atteinte par un ministère agissant seul. Une vraie transition ne peut passer que par la prise de responsabilité de chaque citoyen vers ce but global. Cette prise de responsabilité résulte d’une acceptation de l’intérêt général comme motivation de nos actes plutôt qu’un intérêt individuel ou de groupe, comme nous l’avons vu dans le dernier numéro d’Energies Infos. 

Mais une fois cette responsabilité acceptée, quels sont les moyens de passer à l’acte ? 

De part le monde, de nombreux mouvements citoyens émergent : villes en transition, collectifs pour une transition citoyenne… Des citoyens se mettent en marche, suite à l’acceptation de cette responsabilité. Qu’est-ce que la transition ? L’idée est globalement de trouver une façon de vivre plus durable, en particulier par le passage vers une société décarbonnée. Alimentation et agriculture, santé, habitat… beaucoup de thématiques sont traitées, et parmi celles-ci l’énergie. Thématique très abstraite, difficile à saisir pour un citoyen : l’énergie ne peut pas se tenir au creux de la main, il est difficile d’en appréhender la chaîne de production, qui est pour l’instant très centralisée et donc loin de nous, et sa consommation est tellement ancrée dans notre quotidien qu’on l’en oublie. Il y a donc un travail de réappropriation de cette ressource à faire, pour retrouver notre pouvoir d’agir. 

L’état agit beaucoup sur les économies d’énergie, en particulier dans l’habitat, pour stimuler la rénovation thermique des bâtiments, outil important pour l’atteinte du facteur 4. C’est un moyen pour chacun de maîtriser une partie de ses consommations. Mais par contre, il est loin de vouloir redonner le pouvoir aux citoyens sur la production. L’histoire française, entre EDF et le nucléaire, a accouché d’un réseau très centralisé, qu’il est difficile de rendre accessible aux petits producteurs, à moins de grands changements autant dans la technique que dans les mentalités. 

Cependant les temps changent, et il devient possible d’être citoyen producteur d’énergie, plusieurs initiatives le prouvent. De plus en plus de structures se montent pour regrouper de l’investissement citoyen afin de financer des projets d’énergie renouvelable. 

Les avantages sont évidents : 
  • Ce sont des projets locaux, qui permettent aux territoires de retrouver un certain niveau d’autonomie énergétique, et de créer des emplois pérennes sur place. 
  • Les citoyens sont investis et moteur, ce qui implique une meilleure acceptation locale du projet. L’idéal étant que l’initiative vienne d’un groupement de citoyens du territoire, et que la concertation soit la plus large possible parmi les parties prenantes. 
  • On diminue évidemment le bilan carbone du territoire ! 
Si l’on cherche à faire un « investissement citoyen dans les énergies renouvelables », on trouve plusieurs possibilités de participation : 
  • Si l’on est fortement motivé, avec éventuellement un projet concret, il est possible de former un groupe de citoyens qui sera à l’origine d’un projet à gouvernance citoyenne : c’est le groupe de citoyens qui porte le projet du début à la fin. En Alsace, l’association PERLE est en train d’installer une micro-centrale hydroélectrique en vallée de Munster. 
  • Si l’on a envie d’investir près de chez soi, sans forcément une implication en terme d’organisation, il est possible de rejoindre un projet à participation citoyenne. Il existe des projets portés par des collectivités, des entreprises… qui ouvrent une partie du capital aux citoyens. En Alsace, la coopérative « Energies partagées en Alsace » participe à certains projets sur le territoire (www.energies-partagees-alsace.coop ). 
  • Si l’on souhaite investir de l’argent pour soutenir plus globalement l’installation d’énergie renouvelable citoyenne en France, on peut investir avec Energies Partagées national. Cette association a mis en place un fond d’investissement solidaire qui permet de soutenir des projets locaux d’énergie renouvelable. Ces projets doivent être guidés par un souci d’écologie et de non spéculation, maîtrisés par les citoyens, ancrés dans le territoire, et doivent avoir une gouvernance démocratique (energie-partagee.org ).
Ces initiatives existent et fonctionnent déjà, et nous font apercevoir un avenir énergétique durable, où notre participation compte. Alors, on se lance ?! 

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